Rdc, 11 avril 2008
LES TROIS FAUTES DE L’OPPOSITION CONGOLAISE












 Depuis le 24 avril 1990, la RDC est engagée sur la voie de la démocratie, sans que cela ne change le quotidien des
congolais. Les différentes dictatures successives n’ont jamais arrangé les affaires de cette opposition. Le régime de
Mobutu profitait du manque de probité morale des opposants, pour corrompre les uns et accorder aux autres des postes
de responsabilités qui les alignaient contre leurs anciens frères d’armes. Ce fut le cas de Nguz Karl I Bond, de Faustin
Birindwa contre Etienne Tshisekedi et beaucoup d’autres. D’autre part, ce sont des hauts cadres de l’opposition qu’on
achetait à coups des dollars. Ce qui donna naissance au sobriquet « mouchard ». Le départ de Mobutu n’a pas fait
prendre conscience à ces compatriotes. Même si l’opposition n’avait jamais pris le pouvoir, il faut lui reconnaître le mérite
d’avoir réclamé et obtenue l’organisation de la Conférence Nationale Souveraine. Elle avait réussi aussi à faire partir
Mobutu, non pas du pouvoir, mais de la capitale. Ne pouvant plus supporter l’impopularité grandissante et les marches
permanentes de l’opposition dans les rues de Kinshasa, il avait préféré sécher la capitale, pour rejoindre son village de
Gbadolite. Instrumentalisant à la fois les chefs militaires et les chefs politiques, il réussit à sauvegarder son pouvoir et à
maîtriser progressivement l’opposition. Face à l’incapacité de l’opposition à faire partir le vieux léopard, le salut ne viendra
que le 17 mai 1997 par l’AFDL. A cette date, ce mouvement fut accueilli comme un groupe des libérateurs par les Kinois
exacerbé par un régime en totale déconfiture. Avec son conglomérat d’aventuriers, Laurent Désiré Kabila essaiera de bâtir
quelque chose, mais il se heurtera à l’épreuve de l’incompétence de ses cadres, à la dictature et surtout au tribalisme
des Katangais qui l’accompagnaient. Cette mésaventure a fini par renvoyer encore les congolais dans la rue, mais l’
opposition n’a pas toujours su mettre en place des stratégies pour restaurer l’Etat congolais. Jusqu’à présent, elle
continue de se complaire dans une lutte sans aucune perspective fiable d’alternance politique en RDC.

La division
 La grande difficulté de l’opposition congolaise est de se fédérer autour d’un idéal commun. Les différents partis mettent l’
accent, plus sur les différences que sur les convergences. Depuis l’indépendance jusqu’aujourd’hui, l’opposition
congolaise n’a jamais compris que pour atteindre un objectif, il faut s’unir, même lorsqu’on ne partage pas les convictions
de l’autre. En 1960, contre les autorités belges, il y avait deux camps. L’un soutenant Joseph Kasa Vubu et l’autre
soutenant Patrice Emery Lumumba. Les autorités belges profitèrent de cette division pour semer une pagaille qui poursuit
ses ravages jusqu’à présent. En 1990, alors que la force était du côté de l’Union Sacrée d’Opposition, on a vu naître d’
autres unions pour pérenniser la dictature. D’où l’apparition des expressions du comme : « opposition radicale » ou «
opposition modérée », juste pour stigmatiser un groupe présenté contre l’autre. Kibasa Maliba, Faustin Birindwa et
Etienne Tshisekedi formaient un trio capable de prendre le pouvoir. Mais ces trois têtes de liste se sont disloquées et
chacun a valorisé ses intérêts personnels. La suite fut d’assurer longue vie au Maréchal Mobutu. En 1998, lorsque
Laurent Désiré Kabila décide de transformer la RDC en nouvelle dictature, l’opposition s’est encore distinguer par ses
divisions. Un groupe l’a soutenu et l’autre a continué la lutte pour la justice. Même dans la lutte armée, cette division s’est
manifestée à travers la création des multiples groupes armés, incapables de parler le même langage. A Sun City, il a été
impossible de trouver un candidat pour représenter l’opposition politique à tel point que Joseph Kabila leur a imposé
Arthur Zahidi N’Goma comme Vice-président. Aujourd’hui, malgré le désastre que Joseph Kabila fait tomber sur le pays il
y a des congolais qui continuent de le soutenir et d’appuyer sa politique destructrice. A voir comment les compatriotes du
Bas-Congo peuvent déterrer les corps de leurs frères pour effacer les traces de crimes commis par les policiers
congolais, on comprend qu’il faut encore du temps.

Le populisme
 La seconde erreur de l’opposition congolaise est son populisme. Ce qui intéresse les leaders, ce n’est pas d’être
compris par la population et d’aller loin dans la démarche. Ils font des discours électrisants, juste pour mettre les foules
en émotion. Les grands objectifs de conquête du pouvoir n’ont pas toujours été leur préoccupation. Les autres ont montré
leurs limites dès qu’ils ont eu l’occasion d’assumer la moindre parcelle du pouvoir. Le passage de Joseph Olenga Nkoy
au ministère des transports restera dans la mémoire des congolais comme l’époque d’un grand cauchemar au sujet des
transports en commun à Kinshasa. Leur souci majeur semble être de rassembler des grandes foules sans rien dire. C’
est ce populisme qui justifie l’amplification d’un discours xénophobe qui ne se résume qu’à l’insulte et à la calomnie.
Proposer un projet de société digne de sauver la RDC reste un mythe. Les autres sont spécialisés dans la rédaction des
beaux textes qu’ils sont sûrs de ne jamais appliquer. Ce populisme conduit souvent les opposants à s’attaquer au
Rwanda, seul pays qui emploi les congolais au même titre que ses propres citoyens et qui n’a jamais dérangé les
citoyens Congolais habitants son territoire, même quand ceux-ci ne sont pas en règle. C’est la même chose pour le
Burundi qui héberge sur son sol des milliers des Congolais, mais qui se retrouve parfois sur la sellette des xénophobes
en quête de popularité. Ils laissent l’Angola, le Congo Brazza ou la Centrafrique qui ferment leurs frontières au moment où
les Congolais peuvent en avoir besoin. Il est donc difficile de voir un opposant congolais élaborer un discours cohérent
pendant une demi-heure sans verser dans la calomnie ou le populisme. Actuellement, seul Ne Muanda Nsemi réussit à
faire la différence. Cet homme fait respecter la population congolaise. Il est cohérent, convainquant, juste et pertinent
dans. Si les opposants congolais pouvaient suivre l’exemple de cet apôtre de la justice en RDC !      
           
L’absence de vision
 En RDC, les citoyens semblent pratiquer l’opposition par plaisir. D’autres s’engagent pour faire entendre leurs voix, juste
pour faire sortir leurs noms de l’ombre. Dès qu’ils sont connus, ils s’alignent au pouvoir en place et la vie continue. Ce qui
justifie l’existence des partis d’opposition qui ne survivent qu’à leur fondateur. Sur l’échiquier politique congolais, le sens
de la persévérance est prohibé. Même le MPR avec tous ceux qu’il comptait comme cadres a fini par disparaître. Le propre
fils de son fondateur a créé son parti et laisser couler l’œuvre de papa. L’UFERI, L’UDPS-Kibasa, l’UDSC etc. ont disparus
de l’échiquier politique national par manque de vision. Ils croyaient prendre le pouvoir dans les deux années qui suivaient.
La durée du combat leur a fait abandonner le train en plein rail. La route que prend le MLC aujourd’hui n’augure aucun
lendemain meilleur pour sa survie. Le RCD était un parti lorsqu’il gouvernait à l’est. Depuis ses multiples échecs aux
élections, il est en train de disparaître comme une bougie allumée face au temps. Seul le Bundu dia Kongo reste constant
dans son évolution. Il est le seul mouvement capable de faire plier le pouvoir congolais. Il est sur le terrain et fait face, avec
les mains nues, à un gouvernement surarmé et surchauffé, incapable de remettre l’ordre là où il le faut, mais qui s’
acharne sur des compatriotes qui revendiquent leurs droits. En plus du Bundu dia Kongo, il y a le CNDP qui représente l’
espoir congolais. Mais face à une communauté internationale dont le soutien à Joseph Kabila contre le peuple congolais
n’est plus à prouver, ce parti doit s’armer de patience et de courage. Il est donc urgent au peuple congolais de
commencer à mener un combat concret, dans l’unité et la détermination. Les mêmes causes produisant les mêmes
effets, si l’opposition congolaise ne s’unit pas pour mener dans l’harmonie le dur combat contre Joseph Kabila et sa
Monuc, elle risque de voir le pays plonger à jamais dans la dictature. L’heure est donc arrivée pour que les congolais se
joignent à la lutte du Bundu dia Kongo et du CNDP, afin de rétablir la justice et le droit au peuple congolais.

Bahati Amani

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