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07 mai 2009
Kigali et Kinshasa officialisent le réchauffement de leurs relations
 
KIGALI (AFP) — Le gouvernement rwandais a nommé un ambassadeur en République démocratique du Congo (RDC), plus de dix ans
après la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays qui ont opéré un rapprochement spectaculaire ces derniers mois.

Selon un communiqué du Conseil des ministres lu sur les antennes de Radio Rwanda, le gouvernement a nommé à ce poste Amandin
Rugira.

Le ministre des Affaires étrangères de la RDC, Alexis Tambwe Muamba, a annoncé à l'AFP que Kinshasa avait accepté cette nomination.

"Nous avons donné notre accord pour que le Rwanda nomme son ambassadeur", a-t-il déclaré, ajoutant que la RDC n'avait pas encore
fixé son choix sur son futur ambassadeur à Kigali.

Amandin Rugira était jusque là Secrétaire général au ministère rwandais des Affaires étrangères. Par le passé, il avait notamment été
Directeur Général de la Banque rwandaise de développement (BRD).

Les deux pays ont multiplié ces derniers mois les déclarations sur la nomination imminente d'ambassadeurs à Kigali et Kinshasa,
témoignant du récent réchauffement de leurs relations.

Les relations diplomatiques entre la RDC et le Rwanda avaient été rompues en août 1998, au lendemain du déclenchement de la
deuxième guerre dans l'est de l'ex-Zaïre et de l'entrée des troupes rwandaises sur le territoire congolais.

Le Rwanda était déjà intervenu sur le sol congolais en 1996-1997, soutenant la rébellion de Laurent-Désiré Kabila, le père de l'actuel
président congolais, qui avait conduit au départ de Mobutu Sese Seko.

Kigali avait alors justifié ses opérations par des impératifs de sécurité liés à la présence dans l'est de l'ex-Zaïre d'extrémistes rwandais,
qu'il accuse d'avoir participé au génocide de 1994.

Plus récemment, les relations entre les deux pays étaient tout sauf amicales. Kigali accusait il y a quelques mois encore Kinshasa de
soutenir les rebelles hutus rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), tandis que Kinshasa reprochait au
Rwanda d'appuyer la rébellion du général déchu tutsi congolais Laurent Nkunda, le CNDP.

A la surprise générale, Kigali et Kinshasa avaient lancé le 20 janvier une opération militaire conjointe sans précédent afin de réduire les
rébellions dans l'est de la RD Congo, notamment les FDLR.

Le premier résultat de cette opération, achevée fin février, a été l'arrestation au Rwanda du général Nkunda, chef historique du CNDP et
principale victime à ce jour de ce retournement d'alliance.

Le général déchu Nkunda avait mis en déroute dans le Nord-Kivu (est de la RDC) l'armée congolaise en octobre 2008 et avait stoppé
son offensive aux portes de la capitale provinciale Goma.

Le cas Nkunda pourrait toutefois continuer d'empoisonner les relations entre les deux voisins qui ont récemment mis en place une
équipe conjointe chargée d'étudier les modalités de son extradition vers la RDC.

Réclamé par Kinshasa pour des crimes commis sur le sol congolais, son extradition se heurte à des problèmes juridiques susceptibles
de mettre à l'épreuve la réelle volonté des deux pays de coopérer.

Le Rwanda pourrait ainsi arguer du fait que la peine de mort n'a toujours pas été abolie en RDC pour refuser de l'extrader.

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