30 avril 2008
JOSEPH KABILA VEUT-IL LA PAIX EN RD CONGO ?













Les acteurs de ces violences vivent tranquillement au sein des FARDC sans que personne ne les inquiète. Les quelques
rares fois qu’ils sont interpellés devant leurs collègues magistrats militaires, c’est juste pour être blanchis. Au plan
sécuritaire, rien n’est fait, excepté quelques descentes intempestives des FARDC qui trouvent du plaisir à aggraver la
souffrance d’une population déjà à bout de souffle. On peut considérer que c’est le gouvernement qui pousse ses
militaires à commettre les actes de vandalismes. Aucune administration ne peut se permettre de récompenser ceux qui
assurent sa sécurité avec des salaires des catéchistes. Or, sans la paix le développement est une illusion, la
reconstruction est un mythe et la reprise économique un rêve. Le vrai message du ministre belge consistait à rappeler au
gouvernement ses vraies priorités contenues dans l’amélioration des conditions de vies des congolais. Mais aussi, que
la légitimité électorale ne donne pas droit à tout. Joseph Kabila a malheureusement saisi cette occasion pour glisser
davantage et démontrer l’arrogance coupable que nous avons toujours dénoncée.

Programme « Amani » : dire une chose et faire son contraire
   Il ne passe plus de jour où les médias congolais ne présentent l’évolution du programme « Amani ». Le souci est de
voiler la vérité à la population congolaise pour l’abroutir davantage. Tout commence par la publication d’une ordonnance
présidentielle qui ôte la coordination et la commission de toute sa substance, plaçant tout le pouvoir de décision au
ministre de l’intérieur. Ainsi, toutes les résolutions prises à Goma n’auraient qu’un rôle suggestif que le ministre de l’
intérieur peut balayer à son gré. L’autre piège consistait à faire signer des engagements aux mouvements armés, non
pour les appliquer, mais pour utiliser ces signatures dans le chantage médiatique, la plupart des médias étant à la solde
du pouvoir kabiliste. Abusant de la bonne foi des mouvements armés de l’Est, le gouvernement a cru avoir réussi son
coup. Refusant toutes les propositions de la base, il a imposé des résolutions conçues par des spécialistes qui ignorent
tout du Kivu. Ces propositions n’ont pas convaincues les différents protagonistes qui se sont senti abusés dans leur
bonne foi. C’est ce qui justifie la reprise des hostilités. Il y a aussi cette maladresse liée à l’inexpérience de Joseph Kabila
qui accepte tout ce que lui proposent ses faucons. Le résultat est clair : insécurité croissante à Goma et à Bukavu. Les
villes du Nord et du Sud Kivu sont devenues des mouroirs. A n’importe quelle heure des bandits s’introduisent dans les
logis pour éliminer physiquement les habitants. Les quartiers de Birere à Goma ou de Kadutu à Bukavu connaissent des
départs massifs de leurs habitants qui ne supportent plus de se faire tuer comme des mouches. La réaction des
autorités est toujours la même. L’ouverture des enquêtes qui n’aboutissent à rien. Ce double langage a été bien perçu
par les autorités belges, ce qui les a poussées à prendre position en faveur du peuple congolais contre ses gouvernants.
Le double langage de Joseph Kabila est en train d’enterrer progressivement le programme « Amani » décroché à coup de
millions des dollars.

L’impossible chasse aux FDLR
   Ce n’est plus un secret pour personne, les forces armées de la RDC collaborent avec les FDLR. Cette collaboration
remonte au soutien apporté par ces derniers au pouvoir mobutiste face à l’avancée des forces de l’AFDL en 1996. Le
retournement de face de Laurent Désiré Kabila qui décida de s’attaquer à ses anciens collaborateurs l’a conduit à signer
une nouvelle alliance avec ses anciens adversaires. La conséquence de cette alliance fut le massacre des officiers
kivutiens rwandophones en 1998 aux bases de Kitona et Kamina. Pour Laurent Désiré Kabila, il fallait avoir le soutien des
FDLR pour combattre les rebellions et en retour, il aiderait ces derniers à retourner au Rwanda après leur victoire sur l’
armée rwandaise. Cette victoire, serait rendue possible par les bombes chimiques que kabila obtenait grâce à sa
collaboration avec la Corée du Nord. Après la mort de Kabila, le fils prend le pouvoir et continue dans la même logique. Il
utilise à plusieurs reprises les FDLR comme fer de lance de sa lutte contre ses adversaires. Après les accords de paix de
Lusaka, Gaberone et Sun City, le retour au Rwanda des FDLR ne devait plus se faire par la guerre, mais par le dialogue
inter-rwandais que le gouvernement congolais demanderait de tous ses vœux. Désormais, la préoccupation du
gouvernement kabila se focalise sur la demande d’un dialogue inter-rwandais afin de faciliter le retour des génocidaires.
Suite à la pression de la Communauté internationale, la RDC signera des accords qu’il ne respectera jamais. A Nairobi, il
était question de commencer le désarmement des FDLR dès début décembre, mais rien n’y fut. Ensuite c’était la date
buttoir du 15 mars dernier, mais toujours pareil. On attend encore une autre date. Le vrai problème c’est la difficulté du
gouvernement congolais à se désolidariser de ceux qui l’aident à massacrer le peuple, d’où la nécessité de créer le
dilatoire.

Comme à l’époque de Mobutu, l’avenir est sombre pour la RDC
   Dans l’interview qu’il accordait au journal belge « Le soir », le président congolais se présentait comme le plus grand
défenseur des droits de l’homme. Cette mythomanie dont souffre le « raïs » congolais est l’expression de la situation
générale que vit le pays. D’abord ce sont les analyses des journaux proches de l’opposition qui ont commencé à montrer
les limites de ce régime. Ensuite c’était au tour de la mouvance kabiliste de commencer à reconnaître que les
gouvernants congolais étaient plutôt des fossoyeurs de la patrie. L’apogée de ces observations sera le discours de la
rentrée sénatoriale prononcé par le président du sénat Kengo Wa Dondo. Un embargo médiatique a suivi ce discours qui
s’éloignait des acclamations inutiles pour relater la situation concrète de la RDC. C’est dans cette même logique que se
situe l’observation de Karl De Gusht. Quelles que soient les élucubrations de Joseph Kabila, l’heure est grave au pays de
Lumumba. Les grèves se succèdent, l’insécurité est généralisée, le panier de la ménagère est vide, les denrées
alimentaires sont rares et l’autorité de l’Etat n’existe qu’en apparence. Tous les analystes s’accordent pour dire que la
situation actuelle de la RDC est catastrophique. Comme à l’époque de Mobutu, un petit groupe de politiciens vivent bien et
la grande majorité des citoyens croupissent dans une misère indescriptible. Comme à l’époque de Mobutu, l’insécurité
est attribuée à un petit groupe d’ennemis de la nation qui seront mâtés très rapidement. Comme à l’époque de Mobutu, le
désordre est justifié par la légitimité populaire. Comme à l’époque de Mobutu, l’armée est minée par une crise interne et
externe qui la pousse aux vols, viols et extorsions des biens du peuple. Comme à l’époque de Mobutu, la partie Est du
pays est instable. Comme à l’époque de Mobutu, le changement risque de provenir de l’Est et l’homme le plus contesté
risque de devenir l’homme de l’espoir et du salut pour les congolais. Qui vivra verra !

Bahati Amani
Lyon   

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  Depuis que la délégation ministérielle belge séjourne en RDC, la lumière sort progressivement
de l’ombre pour mettre au grand jour les avatars du régime kabiliste. Le discours du Ministre
belge des affaires étrangères, Monsieur Karl De Gucht a été interprété plus avec la passion qu’
avec la raison réaliste. Plusieurs analystes ont versé dans la diatribe du patriotisme, accusant ce
dernier d’ingérence dans les affaires intérieures de la RDC. Les autres ont sauté sur l’occasion
pour annoncer ou proclamer la fin prochaine du régime Kabila. Ils sont rares ceux qui ont perçu le
bien fondé de cette déclaration qui fera histoire dans les relations entre la RDC et la Belgique. Il a
dénoncé la mauvaise gestion sociale, économique et sécuritaire du pays. L’enrichissement
rapide des dirigeants inactifs a été révélé au grand jour. Les violences faites aux femmes dans l’
Est, ont été interprétées par ce désormais « porte-parole du peuple congolais », comme la preuve
de l’impunité.