Goma, 5 avril 2008.
Insécurité à Goma : absence d’Etat ou Etat voyou.
Par Pierre MUKALAY
      
•        Depuis trois semaines, la ville de Goma s’est transformée en véritable jungle ou ne survivent que les plus chanceux.
Chaque nuit, des familles font l’objet de vols à main armée sans que la police n’intervienne. Plusieurs personnes ont été
assassinées sans qu’aucune enquête ne soit diligentée pour arrêter les malfaiteurs. Seul, un petit groupe de faux
assassins a été mis aux arrêts pour brouiller les pistes : tous des lampistes.
•        L’assassinat de NGEZAYO PRIGOGINE Albert le 14 mars 2008 a été le signal fort que les criminels ont envoyé à la
population de Goma. Ils n’ont peur de personne et personne ne sera épargné. Les premiers éléments de l’enquête
mettraient en cause des éléments FDLR (exécutants de crime) à bord d’une jeep PAJERO, le commandant second de la
8ème région militaire, des autorités politiques aux plus hauts niveaux de l’Etat et des hommes d’affaires locaux. Le
gouverneur de province aurait été préalablement informé du projet et aurait observé un silence complice.
•        Les exécutants des crimes à Goma appartiendraient à trois groupes :
-des éléments FDLR qui ont été utilisés par l’ancien gouverneur pour éliminer   ses opposants ;
        -des militaires et des policiers en activité ;
              -des bandits locaux qui sont d’anciens militaires ou miliciens.
       Pour commettre leurs forfaits, ils bénéficieraient de la complicité des       commandants de l’armée et de la police de
la ville de Goma et même de la province du Nord-Kivu (8ème région militaire).
•        Les commanditaires seraient, soit des politiciens ou des hommes d’affaires locaux,    soit des commandants de l’
armée ou de la police.
Les mobiles du crime sont divers : règlements de comptes pour des raisons   financières, intimidation politique, extorsion
d’argent et d’objets de valeur.
•        Les militaires et policiers présents dans la ville de Goma se chiffrent à plus de 15.000. Le nombre des miliciens,
déserteurs et F.D.L.R  dépasse 25.000. Cette militarisation excessive sans encadrement conséquent a transformé ces
hommes en pillards et en tueurs à gage.
Le fait qu’ils soient utilisés par des politiciens et par les chefs militaires en   fonction leur garantit l’impunité même quand
ils opèrent pour leur propre compte.
•        Le gouverneur de Province, qui a déjà trempé dans plusieurs crimes, ne semble se soucier que de sa sécurité
personnelle. En plus des cinquante militaires affectés à sa sécurité, il dispose de trois cents miliciens nande qui s’
occupent de sa protection. Les habitants de Goma peuvent se faire tuer chaque jour, cela ne l’inquiète guère car il se sent
bien protégé.
•        Le drame dans cette affaire, c’est que l’Etat Congolais dont le rôle est d’assurer la sécurité des personnes et de
leurs biens semble absent : il est vrai qu’on ne peut pas réprimer des crimes que l’on organise. Dans ce cas, peut-on
prétendre s’appeler un Etat ?

La population de Goma souffre le martyre d’un Etat voyou qui tue sa population
tout en prétendant s’appeler un Etat alors que tous les signes de sa mort sont palpables et évidents.
•        Un sursaut s’avère nécessaire, pour que le « lion de Goma », Albert Prigogine NGEZAYO, et toutes les autres
victimes de l’incurie et de la barbarie d’un pouvoir à bout de souffle, ne soient pas morts pour rien.

Pierre MUKALAY
Kivupeace/GOMA/R.D.C.

Copyright 2008. kivupeace.org. Pour tous commentaires et suggestions,
Veuillez Contacter le:
webmaster@kivupeace.org