Goma le 29 Mai 2008

Goma, le grand défi sécuritaire.




















Entre l’imposant volcan Nyiragongo  dont le cratère rougit chaque soir pour rappeler sa présence et l’immense Lac Kivu
dont on ne voit pas les confins, la population de Goma contrainte de vivre avec ses réalités mais la peur au ventre chaque
fois que le soir arrive.

La journée, la ville grouille des véhicules 4x4, les rues sont  prises d’assaut par des  marchands, le quartier Birere  
grouille des  vendeurs et autres commerçants venus des villages lointains s’approvisionner  en  produits de première
nécessité. La journée, la population se force de vivre normalement et c’est à la tombée de nuit que l’on s’aperçoit que
cette ville n’est pas ordinaire.

La nuit tombée,  la peur au ventre, les « gomatraciens » sont pressés de rentrer s’enfermer dans leurs cabanes en bois
noir couleur des vidanges d’huile de moteur. Peur, non pas de l’imposant volcan qui un jour du premier mois de 2002 s’
était brutalement mis en colère ensevelissant une partie de la ville, ni  de l’immense Lac qui de temps en temps avale  
des enfants qui par manque d’eau sont obligés de braver ce danger, mais peur de l’insécurité causée par les hommes
en uniformes.

Depuis un certains temps, la population de la ville de Goma assiste impuissamment à la transformation de leur ville en
une caserne.  Cette sur-militarisation a comme corollaire, une insécurité récurrente signée les hommes en uniformes.

Aucun quartier n’est épargné. De Nyabushongo où les personnes tuées par balles ne se comptent plus, au Quartier
résidentiel Himbi, les militaires FARDC sèment la terreur à  la tombée de nuit.
« Le 24 Mai à 2H00 du matin dans le quartier Kasika, madame MUHINDO MATUMU  infirmière à l’hôpital de référence
de Goma a été abattue dans sa maison par des hommes en uniformes ».

« A Keshero, un homme a été tué dans la nuit du 25 au 26 »

« A Ndosho, les militaires FARDC ont franchi les limites de l’acceptable en abattant deux enfants, un garçon et une fille
lors d’un vol » ;
nous a dit une femme exaspérée par les exactions des militaires FARDC dans la ville de Goma.

Les habitants du Quartier KATINDO voisin du camp militaire seraient les plus touchés par les abus des hommes en
uniformes. Les militaires habillés en civiles tendent des embuscades pour ravir montres et téléphones mobiles, leurs
butins préférés.  

D’autres actes  barbares qui relèvent des crimes contre l’humanité prennent racine dans cette ville : au courant de la
semaine du 25 mai, on a enregistré trois cas de viol sur mineur par les militaires FARDC. Un cas sur une fillette de 9 ans
alors qu’un autre cas a été perpétré par un officier de la police sur une fillette de 14 ans.

Si dans la ville de Goma on enregistre chaque jour à des cas de tuerie, d’arrestations arbitraire, de vol à mains armées,
de viol des mineurs et autres extorsions par des personnes en tenue militaire, en arrière pays ce sont d’autres formes d’
exactions qui sont inscrit sur le CV des militaires FARDC : Erection des barrières où les populations civiles se voient
extorquer 200Fc comme taxe  de passage, pillage des véhicules  dont le dernier en date est celui de l’ONG Merlin à
Kibututu.

Rappelons que le véhicule de l’ONG merlin a été pillé à 80m du poste des militaires FARDC. Les 6 passagers à bord du
véhicule ont tous perdus argent, montres et téléphones qui se retrouvent quelques heures après au marché noir dans la
cité de Kiwanja.

Pour le viol, les militaires FARDC en arrière pays ne sont pas restés sur le banc de touche : 8 femmes ont été violées par
les militaires du 64e  bataillon se trouvant dans le territoire de Rutshuru.

Les cas des violations des droits humains par les militaires FARDC  sont devenus légion dans la province du Nord-Kivu
et les autorités civiles sont au bout du rouleau ne sachant à quel saint se vouer.  


La torture est devenue monnaie courante dans les geôles qui pullulent la province du Nord-Kivu, chaque commandant
ayant son propre cachot, les officiers recourent à l’intimidation et aux supplices physiques pour soustraire de l’argent aux
détenus, qu’ils remettent à leurs officiers supérieurs à la fin de la journée pour se maintenir à leurs postes. C’est que l’on
appelle ironiquement ‘’ rapport’’.

Vu l’état alarmant de la situation sécuritaire, notre rédaction se permet d’interpeller les organisations de défense des
droits humains et autres organisations à être plus regardant  pour la défense des droits fondamentaux et la dénonciation
des abus commis par les hommes sensés instaurer la paix et la sécurité.  

La rédaction de kivupeace




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