Goma le 06 juin 2008
Les FDLR ne désarmeront pas,  il faut les y contraindre.
















Le 05 mai 2005 – le 05 juin 2008, trois ans et un mois jour pour jour depuis que Dr Ignace MURWANASHYAKA était l’invité
du point de presse hebdomadaire de la MONUC sous la direction de Monsieur KHEMAL SAIKI porte parole de la mission
onusienne au Congo.  La raison à Kinshasa de ce génocidaire au curriculum sulfureux et recherché par le Tribunal Pénal
International sur le Rwanda,  était justifiée par les autorités congolaises par la volonté d’Ignace MURWANASHYAKA à
vouloir tourner la page sombre de son histoire chargé du sang des congolais tués par ses miliciens.

Son séjour de plusieurs mois dans la ville de Kinshasa s’inscrivait dans le cadre de l'organisation du rapatriement des
rebelles Hutu au Rwanda avait-on appris des autorités kinoises à l’époque. Ignace Murwanashyaka, président des Forces
Démocratiques pour la Libération du Rwanda, avait réaffirmé, au cours du point de presse organisé par la MONUC ce 5
mai 2005, la volonté des FDLR de renoncer à la lutte armée et de rentrer chez eux  conformément à l’accord de ROME
signé entre lui et le gouvernement de la RDC le 31 mars 2005, il y a de cela plus de 3 ans.
Le calendrier des opérations de désarmement des  rebelles Hutu/FDLR,  de leur enregistrement et de leur rapatriement
vers le Rwanda avait été établi et devait  débuter le 5 mai 2005.

Presque quatre ans  après la déclaration de Rome et les tapages du gouvernement congolais autour de ces soient disant
accord, on n’est toujours pas  sorti de l’auberge : Les congolais continuent à être victime de l’insécurité causée par ces
rebelles rwandais estimés entre 9 et 15.000 hommes par la MONUC, le gouvernement congolais ne fait rien pour
protéger ses populations et laisse ces criminels semer la mort et la désolation sur les congolais de l’Est,  la présence
des FDLR sur le territoire congolais continue à empoisonner les relations entre Kigali et Kinshasa qui fait la sourde oreille
sur les revendications de ses voisins soucieux de construire leur pays, les menaces de la sécurité du Rwanda voisin se
précisent de plus en plus, les refugiés congolais vivant dans les Régions des Grands Lacs perdent espoir et patience, les
déplacés internes se gonflent du jour au jour, la famine menace  dans cette région jadis grenier du Zaïre.

Entre temps le gouvernement congolais a multiplié des promesses envers le peuple et les voisins, des menaces contre
les FDLR et surtout des réunions sanctionnées de bonnes intensions dont la dernière en date est celle du 26 mai 2008 à
Kisangani et que le
Dr Ignace Murwanashyaka a biffé de la mansion : « les résolutions qui sortiront de cette réunion  ne
sauraient en aucun cas engager les FDLR».

Rappelons que la réunion de Kisangani faisait suite à des multitudes autres tenues après l’accord de Nairobi par lequel
le gouvernement congolais s’était fixé une date butoir à fin du désarmement forcé des FDLR et de leur rapatriement au
Rwanda.  Cette réunion de Kisangani, qui a réuni le gouvernement congolais et des dissidents des
FDLR regroupés au
sein du Congrès National pour la Démocratie,
CND en sigle,  réunissant le Rassemblement pour l’Unité et la Démocratie
(
RUD) et le Rassemblement du Peuple Rwandais(RPR) deux mouvements ayant leur base arrière en Ouganda,  semble
ne pas avoir beaucoup d’incidences sur le rapatriement des FDLR. Cette réunion de Gisangani entre le gouvernement
congolais représenté par
Denis KALUME et les  deux groupes rebelles le RPR représenté par le Major Gérard
NTASHAMAJE
et le RUD représenté par le Dr Augustin a été sanctionné par un communiqué conjoint « road map »  ou en
d’autres termes d’une feuille de route devant conduire au désarmement des miliciens FDLR, de leur cantonnement et de
leur rapatriement.  Ces deux mouvements dont l’effectif des hommes en armes ne dépasse pas 500  ne représentent
réellement rien sur terrain.

Les observateurs se posent des questions quant à l’efficacité de cette feuille de route que les  FDLR ont réfuté
catégoriquement s’en tenant seulement aux accords de Rome qui datent d’il y a 4 ans et qui n’ont pas permis depuis lors
à cantonner un seul FDLR ni le dépôt  d’un seul arme à la MONUC.  

L’intervention du
Ministre congolais de la défense, CHIKEZ DIEMU, interrogé sur leur alliance  avec les FDLR, suscite  des
interrogations  sur la volonté réelle du gouvernement congolais à vouloir mettre fin au « fléau »  FDLR en République
Démocratique du Congo.  
Le ministre Chikez DIEMU a reconnu que le gouvernement avait en son temps recouru à l’
assistance des FDLR pour repousser les forces étrangères d’agression et s’était même permis d’accorder le
bénéfice des passeports diplomatiques à certains de leurs dirigeants. Mais que désormais, la page est définitivement
tournée. Car, à ce jour, ces forces ont accepté de déposer les armes et sollicitent leur installation dans des provinces
non frontalières du Rwanda en attendant que leurs revendications politiques soient prises en compte. Des questions  
importantes restent posées quant à la volonté du gouvernement de Kinshasa  à se désolidariser cette fois ci de son
allié de toujours le FDLR.
A   entendre  les supputations de ce ministre sur la question des FDLR, et les autres hauts responsable de ce pays qui
se disent être à la recherche d’une solution au problème des FDLR et qui proposent leur relocalisation en attendant
que l’amélioration de la condition sécuritaire à Kigali, on reste pantois devant la légèreté, sinon l’inconscience des
propos et on est pétrifié à la seule idée que c’est avec ce genre de dirigeants que le pays va devoir s’accommoder
pendant les quartes  années qui restent.

Alan Dosse et Jean-Michel Dumont n’ont-ils pas encore réalisé qu’ils se sont fait rouler dans la farine par le
gouvernement congolais et l’ALIR rebaptisé en FDLR en mai 2000, et qui ne cesse de se faire des tentacules (Rasta,
CND, FOCA, RUD, URUNANA, RPR, etc) pour gagner du temps et échapper à la justice?  Tout le monde sait que la feuille
de route signée à Kisangani n’est qu’un leurre et une diversion alors que les vrais préparatifs pour attaquer le Rwanda se
font  à l’Est: toutes les forces se trouvant  à Walikale font mouvement dans le parc au pied du volcan Nyiragongo dans la
plaine de Kibumba, sous l’œil grand ouvert et très complice de la MONUC qui ne dénonce pas publiquement ces
mouvements des FDLR  qui se concentrent à la frontière avec le Rwanda voisin.

Les populations de l’Est se sentent vraiment trahies par les membres du  gouvernement de Kinshasa qui continuent à
soutenir en armes et en nourritures ces hommes qui ne cessent de semer la terreur sur les congolais.
Pas plus tard que
mardi dernier le 03 juin 2008, les FDLR ont ouvert le feu sur les congolais dans les camps des déplacés faisant 62
morts à Kanyamagana, 6 à Kinyandoni, plusieurs blessés et le déplacement massif de tous les déplacés internes
vers   Katoro, Kibututu et Rwasa. Les militaires FARDC se trouvant à Kabaraza n’ont pas  présenté aucune résistance
préférant de prendre la fuite en lieu et place de protéger la population.

Plus grave encore, le gouvernement continue à servir sur un plateau en or les armes aux FDLR en simulant des
attaques contre les camps des FDLR qui ripostent et s’emparent des armes et munitions dans les camps des FARDC.  
Comme nous l’a dit un militaire qui se trouvait dans le camp de Rumangabo lorsque les FDLR ont investi cette position
et que leurs chefs ont demandé à ne pas riposter. Les assaillants ont pris tout ce qu’il y avait comme armes et
munitions  dans le camp de Rumangabo sans qu’une balle ne soit tiré du coté des FARDC.

«Les FDLR n'ont véritablement pas besoin de traitement spécial, ni bonnes conditions pour retourner au Rwanda.
Retourner dans notre pays pour exercer des activités politiques est un droit».  Ne cesse de marteler Ignace
Murwanashyaka qui oublie  que c’est le devoir du gouvernement congolais et rwandais de traduire tous les FDLR qui ce
sont rendus coupables de crimes sur les congolais mais aussi sur les Rwandais en 1994 devant la justice.
Si pas maintenant, c’est demain,  car notre peuple ne va pas tarder à s’apercevoir que son calvaire se poursuit
inexorablement et  que, peut-être, n’aura-t-il d’autre solution que de se tourner vers l’homme et son Mouvement qui se
sont juré de ne vivre que pour la défense des intérêts du peuple congolais en boutant dehors les FDLR.

La rédaction de kivupeace.



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