19 aout 2008
LES FAIBLESSES DE L’OPPOSITION CONGOLAISE

   La République démocratique du Congo est l’un des pays disposant de plusieurs opposants tant à l’intérieur qu’à l’
extérieur. Au moment où ce pays connaît la période la plus critique de son histoire, les opposants congolais semblent se
complaire dans une situation où ils demeurent pourtant les grands perdants. Il est rare d’entendre une nouvelle
rassurante en provenance de la République démocratique du Congo. Pendant que les autres pays se mettent résolument
sur la voie du développement, le « grand » Congo continue d’évoluer à reculons. Il est vrai, les autorités politico-
administratives sont à la base de cette léthargie. Il est aussi vrai, que l’actuelle opposition congolaise aide les occupants
à le détruire ce pays pour lequel plusieurs congolais ont versé leur sang. D’une part, il y a l’opposition interne qui
regroupe l’ensemble des partis politiques qui ont choisis de lutter pour le changement à partir de l’intérieur. D’autre part, il
y a l’opposition externe qui regroupe tous les partis politiques qui oeuvrent à partir de l’étranger. Pour les compatriotes de
la diaspora, ils sont désemparés de voir que chaque mouvement semble se complaire dans la l’insulte facile et la simple
diffamation, au lieu de mettre en place une véritable stratégie de prise de pouvoir. Or, s’il est vrai que le pouvoir en place à
Kinshasa participe à la destruction permanente de la nation congolaise, il ne demeure pas moins non plus, que ce sont
les opposants qui lui donnent la possibilité d’opérer sa besogne. Face aux meurtres successifs des congolais, aucun
parti d’opposition n’a osé lever le doigt pour dénoncer ces abus. Contre l’escroquerie permanente des richesses
nationales, aucun parti politique d’opposition n’ose aborder la question pour interpeller le gouvernement. Contre le non
payement des salaires des fonctionnaires de l’Etat, aucun parti politique n’a osé dénoncer ces abus inacceptables. On
peut donc se demander ce que font les soi-disant partis d’opposition en République démocratique du Congo. La division
et la nonchalance politique semblent être à la base de cet amateurisme.

La division des partis d’opposition
   Le culte du pouvoir est tellement célébré par les chefs des partis d’opposition en en République démocratique du
Congo, à tel point que tout le monde veut devenir Président de la république. Ils sont rares les partis d’opposition où le
leader ne se comporte pas en futur chef de l’Etat. Et cela profite au pouvoir en place à Kinshasa qui exploite toute situation
de faiblesse de la part de ses adversaires politiques. Un principe mathématique stipule que : « moins par moins donne
plus ». En logique, cela se traduit par : « l’ennemi de mon ennemi est mon ami ». Ou encore, « l’ami de mon ennemi est
mon ennemi ». Cette règle est valable partout sauf en République démocratique du Congo où chacun se range en
adversaire de l’autre sans tenir compte de la capacité de nuisance de l’adversaire. A l’intérieur du pays, les opposants se
tirent dessus, oubliant que leur adversaire est le pouvoir en place. C’est là qu’on verra l’UDPS s’attaquer au Bundu dia
Kongo, le RCD s’attaquer au MLC, l’APARECO s’attaquer au CNDP donnant ainsi l’occasion au PPRD et alliés de s’établir
et asseoir leur pouvoir. Nous devons pourtant le reconnaître, le seul mouvement qui essaie de faire parler de lui, malgré
les attaques dont il fait l’objet de la part du pouvoir, de la communauté internationale et malheureusement des autres
partis d’opposition reste cependant le CNDP du général Laurent Nkunda. Mais ce mouvement est souvent attaqué par les
autres partis d’opposition qui, au lieu de le soutenir dans son combat, ni à comprendre le mobil de sa lutte, l’accusent
aveuglement. En outre, les partis d’opposition qui agissent depuis l’extérieur semblent souvent ne pas tenir compte de la
moindre réalité. Très facilement, ils se lancent dans des analyses qui confondent insulte et projet politique. Des leaders
incontestablement avisés dirigent des partis politiques comme des chefferies, sans aucune perspective de prise de
pouvoir. Il est temps que les opposants congolais se rendent compte de la nécessité de se mettre ensemble pour
combattre l’unique ennemi de la nation qu’est le pouvoir actuel de Kinshasa. Cela exige une réelle prise de conscience
qui les éloignera de la nonchalance actuelle. Le cas échéant, ils seront comme ces chiens qui aboient pour permettre à la
caravane kabila de passer.

La nonchalance politique
   Pour mettre en place une alternative de prise de pouvoir, on ne doit pas confondre la  stratégie politique avec le
colportage. L’aînée de l’opposition congolaise qu’est l’UDPS excelle dans un aveuglement et un tribalisme qui ne l’aide
pas à accéder au pouvoir. En Afrique, tous les partis d’opposition créés au même moment que l’UDPS ont déjà fait l’
expérience de la gestion de pouvoir. C’est le cas de FPI de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, du MLPC d’Ange Félix
Patassé en Centrafrique, du PDS d’Abdulaye Wade au Sénégal pour ne citer que ceux-là. Si ces partis ont pu accéder au
pouvoir dans leurs pays, c’est suite à une vision politique fondée sur l’alternative de prise de pouvoir qui les a guidées
dès le départ. Mais pour les partis congolais, il semble que leur seul objectif est de gonfler la liste des mouvements d’
opposition congolaise et de participer à l’animation de la galerie « comme les autres ». Cette nonchalance politique a
conduit l’UDPS, un parti d’où résidait l’espoir de tout un peuple, de la lutte contre la dictature à la lutte pour la survie.
Actuellement, on ne sait plus si ce parti pense un seul jour à accéder au pouvoir. Après avoir refusé de participer à toutes
les élections, il tente aujourd’hui de discuter avec les responsables de la CEI pour on ne sait quel compromis en vue de
participer aux élections municipales en vue. La situation n’est guère luisante pour les autres partis, notamment le MLC, le
RCD et autres. Pour le MLC, après l’emprisonnement de son leader Jean Pierre Bemba Gombo, les faucons s’activent
pour occuper le poste laissé vacant par le chairman. Du côté du RCD, après avoir été vomi par le peuple congolais, les
responsables ne sont préoccupés que par une seule chose : sauvegarder les privilèges acquis lors de la transition.
Occasionnellement, ils vocifèrent aux médias nationaux et internationaux avec la certitude que cela ne peut rien changer.
Ces méthodes fondées sur la cupidité des leaders arrange les affaires des actuels destructeurs de la nation congolaise.
Après avoir réussi à museler l’opposition, ils se préparent à organiser des élections qu’ils vont majoritairement gagner. Et
si l’opposition continue à s’entredéchirer, qu’elle n’espère pas un seul jour détrôner les fossoyeurs actuels. D’où, une
nécessaire prise de conscience en vue de l’unité de l’opposition congolaise.

B. Amani
Lyon      

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