Counter
20 MARS 2009   
Ainsi va la démocratie selon Joseph Kabila
Le député national Justin Bitakwira interdit de quitter le pays  
 
Sur ordre d’une autorité non identifiée, des fonctionnaires de la DGM (Direction générale des migrations) ont dépossédé ce député
kivutien, étiqueté pourtant AMP, de ses documents de voyage. Bitakwira pointe un doigt accusateur en direction d’un certain «lobby» à l’
origine du charivari qui règne au sein de la Chambre basse. L’homme dit craindre désormais pour son intégrité physique.

Devant rendre visite à un membre de sa famille hospitalisé à Nairobi, au Kenya, le député national Justin Bitakwira, s’est présenté jeudi
19 mars à l’aéroport international de Ndjili afin de prendre son avion. Il est interpellé par des agents de la DGM. Ceux-ci prétextent de
vérifier l’authenticité de son autorisation de sortie revêtue pourtant de la signature du président de l’Assemblée nationale. Plusieurs
heures après le décollage de l’aéronef, un fonctionnaire vient lui signifier qu’il s’est agi d’un «mal entendu». Retour à la maison.

Vendredi 20, «Justin» se représente à nouveau à l’aéroport. Le même manège recommence. A sa grande surprise, tous ses documents
de voyage sont confisqués par la DGM. A savoir : le passeport, le billet d’avion ainsi que l’autorisation de sortie délivrée par le président
de l’Assemblée nationale, le PPRD Vital Kamerhe. Motif invoqué par la DGM : «Nous n’avons pas encore reçu un ordre contraire disant
que vous pouvez sortir du pays». De qui devrait venir cet ordre ? L’histoire ne le dit pas. Joint au téléphone par un journaliste de radio
Okapi, Bitakwira a laissé entendre qu’il était placé sous la surveillance des éléments de la «Garde républicaine», en fait la garde
prétorienne de Kabila.

Proche de Vital Kamerhe, Justin Bitakwira, connu pour son franc-parler, subit les «dégâts collatéraux» de la gué-guerre qui oppose les
«super faucons» de l’AMP-PPRD au numéro un actuel de la Chambre basse. Ce député a eu le courage – la témérité ? – de vitupérer les
errements de «l’autorité morale» de cette coalition politique qui n’est autre que Joseph Kabila. Les propos tenus par ce parlementaire
ont manifestement déplu au «raïs» qualifié par l’outrecuidant député de «chef d’Etat en perdition».

Agacé par toutes ces tracasseries indignes d’un Etat démocratique, Bitakwira n’a pas trouvé des mots assez durs pour dénoncer son
infortune. «Je me demande dans quel Etat de droit vivons-nous actuellement, s’est-il exclamé sur les ondes de radio Okapi. Comme
nous prenons de positions défendant la démocratie, c’est sans doute le même lobby qui cherche à nous mettre en quarantaine.»
Bitakwira de s’étonner qu’une telle mésaventure arrive à un parlementaire en fonction. «Si ce genre de situation peut arriver à un député
national, je me demande ce qui arriverait aux simples citoyens. Je commence à avoir des craintes pour ma vie.»

Sous d’autres cieux, la situation que dénonce le député Justin Bitakwira aurait constitué un scandale pouvant déboucher à une crise
politique. Le ministre exerçant la tutelle sur la DGM devait être interpellé pour fournir des explications sur cet acte constitutif de violation
flagrante de la Constitution. «Aucun parlementaire ne peut, en cours de sessions, être poursuivi ou arrêté, sauf en cas de flagrant délit,
qu’avec l’autorisation de l’Assemblée nationale ou du Sénat selon le cas», stipule l’alinéa 2 de l’article 107 de la Loi fondamentale
promulguée le 16 février 2006 par … Joseph Kabila. «Les députés nationaux et les sénateurs ont le droit de circuler sans restriction ni
entrave à l’intérieur du territoire national et d’en sortir», énonce, pour sa part, le premier alinéa de l’article 109.

«Joseph Kabila et les durs de son entourage ont décidément une conception tyrannique de la démocratie», commente, indiqgné, un
député de l’opposition joint au téléphone à Kinshasa.

Où va-t-on ?

B.A.W.
© Congoindépendant 2003-2009
Envoyez-nous vos
reactions svp
Copyright 2008. kivupeace.org. Pour tous commentaires et suggestions,
Veuillez Contacter le:
webmaster@kivupeace.org
Please Send Us Your
Feedback