Goma 22 mars 2008.
Goma, Nord-Kivu, Un crime sans coupable.

Sept jours après l’enterrement de Prigogine NGEZAYO neveu du prix Nobel 1977 de la chimie après avoir reçu la Médaille
Rumford en 1976 nous citions Ilya Prigogine, la sentence de la Mission onusienne au Congo, en pareille circonstance, n’
est pas encore tombée et la condamnation  par la société  civile de Goma  de  ce  macabre acte  sur un homme qui a su
défendre les intérêts  économiques  de la province, se fait attendre.
Aucun journal national n’en a fait échos. Tous se sont tu sur un acte barbare, comme pour dire un « vermine à éradiquer
avec détermination, dixit YERODIA NDOMBASI » de moins.  On ne pouvait pas s’attendre à une telle attitude de la part des
hommes de la plume congolaise.
Les observateurs de la scène politique congolaise s’inquiètent de la supra ethnisation de la politique congolaise et  se
demandent si c’était un enseignant tué dans la zone sous contrôle du CNDP  et sous les mêmes circonstances, en
pleine journée, dans une aire réputée militaire, à quelques mètre d’une autorité, aux alentours des instances juridiques,  
quelle serait la réaction des journalistes, des ONG, de la société civile et de la MONUC?
Et si dans les mêmes circonstances  c’était   un commerçant ambulant  appartenant  à  un autre groupe  ethnique  que
celui de la victime, dans une ville de Goma   sécurisée par les militaires  ‘’mixés’’  qui était  assassiné, n y aurait-il pas eu
marche de protestation des étudiants scandant des slogans anti-‘’l’ethnie coupable de tous les maux’’ ?
La conférence tenue à Goma sur la sécurité et le développement du Sud et du Nord Kivu serait une bonne chose mais si
ce n’était du théâtre joué et dont le metteur en scène ne se trouvait pas à Kinshasa. Une mise en scène bien jouée pour
se faire les poches pleines, rien de vrai n’y a été fait, le meurtre de PAPA NGEZAYO est la preuve de la fracture entre les
communautés qui continuent à se regarder en chiens de faïence.  Ce meurtre vient  creuser le gap de la réconciliation
entre les peuples.
Les discours, les bonnes intensions ne suffiront  pas à éradiquer des crimes au couleur d’un génocide car banaliser la
mort des membres d’un groupe ethnique sent vraiment un génocide et rien ne pourra mettre fin à cette terreur d’Etat qui s’
installe au Congo en ces moments où le gouvernement étale ses forfaits en plein jour pour faire peur et taire tous ceux qui
ont une opinion contraire.   
En 1994, au Rwanda voisin, tout avait commencé par les crimes ciblés et la communauté internationale n’y avait vu  que le
paroxysme d’une violence entre politiciens. La communauté internationale avait vu faux, comme aujourd’hui ils voient de
travers les événements, en qualifiant des morts malheureuses, des crimes ciblés et prémédités. Les listes ont été
élaborés au vu de tous, je vous le jure, ce n’est que le commencement.
Il faut mesurer les enjeux de ces crimes au soubassement ethniques, aux objectifs de l’élimination d’une race,  de l’
extermination de l’autre  dont feu Ngezayo Prigogine est un martyr  qui vient s’ajouter  à une longue liste macabre.
Ici comme souvent, les enjeux s’appellent la jalousie, les richesses, les ressources, le power, le contrôle du pouvoir et la
main mise sur les terres. Il s’agît de dominer des hommes et des femmes, de briser leur résistance de la plus atroce des
façons, par le sadisme, par l’animalisation.  En face de cette terreur qui se prolonge et s’enracine, questions et
contradictions se bousculent.

Alors qu’en Mai 2007, les députés provinciaux avaient réclamé avec leur gouverneur en tête de fil, le déploiement des
militaires mixés hors des deux Kivu,  aujourd’hui, c’est une armée congolaise intégrée, armée jusqu’aux dents, entrainée
par les Belges qui commet des crimes  qui passent sous silence des élus du peuple, en manque du dopage, qui
pourtant avaient, il y a peu grande gueule. Le gouverneur PALUKU Julien  a, lors des funérailles, fait un aveu en déclarant  
haut devant témoins, être incapable de démasquer les criminels à moins que Dieu n’intervienne pour faire les enquêtes,
quelle honte pour le Congo? Quant à la MONUC, elle assiste, toute impuissante, son protégé commettre des atrocités qui
l’embarrassent d’autant plus qu’elle-même viole les droits des civils congolais qu’elle était sensé de protéger. Il faudrait
pourtant se rappeler qu’à Gatumba comme  à Kigali, la communauté  internationale avait regretté de n’avoir pas trop fait,
mais promu de faire mieux dans  le futur en ces termes :
‘’ Plus jamais ca ’’. Et pourtant la  MONUC risque de rentrer en fin de mission du Congo avec un autre génocide au dos
qui hantera longtemps encore  les mémoires et pèsera sur les consciences. Papa NGEZAYO Albert, reposes en Paix!
Aux criminels, lisez: « Toute âme goûtera  la mort… » Coran 3 : 185

KAMBALE  MABELE

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