Goma, 05 mai 2008
La Cour Pénal Internationale (CPI) :  Deux Poids Deux Mesures.   














Après les dossiers de GERMAIN KATANGA et MATHIEU NGUDJOLO CHUI  sur le conflit dans le village de BOGORO en
ITURI,  La CPI  ouvrira-t-elle un dossier contre les responsables politiques et militaires de la MONUC pour le massacre
par ses troupes des villageois civiles Congolais de KAZANA, en ITURI ?
           
Des têtes doivent tomber pour montrer à la face du monde que rien n’est plus comme avant au Congo Kinshasa. C’est l’
avènement de la démocratie et donc la fin du règne de l’impunité. A l’issue du processus initié et imposé par les
puissances compradores, les congolais semblent faire du sur place sinon un grand recul par rapport aux calculs de ceux
qui ont versé des millions des dollars dans le gouffre congolais.
D’échecs en échecs, de scandale en scandale, le Gouvernement Congolais ainsi que l’outil lui donné pour sa protection,
la MONUC, la plus grande mission que les Nations Unies ont eu depuis la fin de la première guerre mondiale, n’arrivent
plus à convaincre les congolais et même certains parmi les membres de la nouvelle coalition pour le néocolonialisme de
l’Afrique.
Comment couvrir le dernier scandale de la MONUC sur les trafics d’armes et comment laver le gouvernement de
Kinshasa de tout le sang dont il s’est sali dernièrement dans le Bas-Congo? Les nouveaux maitres du monde avaient tout
prévu, car les outils pour décourager ceux qui ne naviguent à contre courant de leurs intérêts  et de leurs protégés sont
prêts à tout, pourvu que leurs intérêts soient sauvegardés car il ne faut pas que leur image soit terni par quoique ce soit.  
Human Right Watch (HRW), International Cris Group (ICG) et la Cour Pénale Internationale (CPI) constituent le bras
exécutoire de tous les plans ourdis pour se faire une conscience tranquille après des scandales qui dans des nations
civilisés conduiraient à des sanctions de leurs auteurs. La Cour Pénale Internationale  n'en finit plus de surprendre les
Congolais avertis qui ne trouvent plus aucune crédibilité dans cet outil au service des tyrans africains rebaptisés en
démocrates par la seule volonté des certains pouvoirs néocoloniaux d’Europe.  Controversée, depuis sa création, des
grandes puissances ont refusé de se soumette à cet outil afin de soustraire leurs citoyens à des procès arbitraires et de
perdre ainsi la souveraineté et la fierté dévolues à une Nation Libre et Souveraine.  
Pire, en République Démocratique du Congo, la CPI s’est caractérisée par une politique de partialité, disons raciste dans
le sens françafricain du terme – contre les Tutsis et les Hema (assimilés aux Tutsis). On opposerait à cette thèse l’
arrestation de Mattieu NGUNJOLO et de Germain KATANGA, des lendu qui ont organisé des milices pour massacrer des
milliers de Hema.  On n’accepterait cette these si seulement Human Right Watch et le gouvernement de Kinshasa
traduisaient au même tribunal, MBUSA NYAMWISI, le « Général » KAKOLELE BWAMBALE, YERODIA NDOMBASI, et sans
oublié Joseph KABILA,  planificateur des massacres en Ituri.  Les congolais savent d’ores et déjà que le combat est perdu
car la CPI et HRW n'inquiètent aucunement pas les « Gros Poissons », seul les mauvais vassaux qui refusent d’
obtempérer, d’obéir  aux nouveaux ordres mondiaux féodaux et compradores, seront jugés car ces outils sont tellement
instrumentalisés pour protéger les bourreaux contre leurs victimes.  
Tout en prétendant donner la justice aux Congolais, la CPI en réalité se contente d’une  parodie de justice sur des
hommes de terrain, souvent luttant pour survivre dans un engrenage déclenché par des acteurs placés beaucoup plus
haut dans la hiérarchie politique et protégés par les institutions sensées le dénoncer comme Human Right Watch et
compagnies.  Dans le cas précis de l'ITURI, le cas de Sieur MBUSA NYAMWISI, actuel Ministre des Affaires Étrangères du
régime Kabiliste,  est le plus édifiant, lui qui contrôlait ce territoire aux pires moments de son macabre histoire n’a jamais
été inquiété.
L’insistance des Ituriens quémandant la justice, n’a jamais fléchi, depuis maintenant des années, Human Right Watch et
autres organisations qui prétendent documenter la CPI, à  faire ne fut-ce qu’un petit travail approfondi sur ces «
Excellences » siégeant aujourd'hui tranquillement au sein des institutions mais au passé macabre.
En lieu et place d’un travail de recherche concernant les gros poissons, HRW et la CPI se complaisent à détourner l’
attention des congolais qui voulaient réclamer la réparation, des abus commis par la MONUC si non leur départ du
territoire congolais. Coup de chapeau HRW, pour la protection  ou du moins l’obstruction, en faveur des agents de la
MONUC qui se sont rendus coupables des actes graves de violations de droit de l’Homme au Congo. A chaque fois qu’un
scandale sur la Monuc est mis à jour, l’outil du nouveau maître colonial, nous citons HRW, s’arrange en faisant diversion
par la condamnation des boucs émissaires.
Rappelons les actes barbares, dégradants et inhumains commis sur les pauvres Congolais (cfr cas de Joseph un Hema
pour ne citer que celui-là) par les militaires français de l’opération Artémis en Ituri, dénoncés par leurs collègues suédois
et réfutés par les mêmes français alors que deux militaires suédois avaient été rappelés par leur pays et punis pour ces
forfaits commis au CONGO.
Les Congolais sentent bien qu'on leur vend une justice de seconde zone, les forts étant protégés par des intérêts
occultes, la « justice internationale » se contentant non d'un MILOSEVIC Congolais, mais de « petits poissons ».  La perte
de confiance est totale, et dans le cas du retour d'un Etat de droit en RDC, la CPI jusqu'ici a été bien en dessous des
exigences du peuple Congolais. La Fontaine avait raison dans son œuvre Le Charlatan en disant: « Selon que vous serez
puissant ou misérable, Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir».  Le gouvernement de Kinshasa ne s’est il
pas transformé en lavage à sec, pour rendre blancs tous les criminels, qui travaillent avec lui.  
Comment y remédier? En attendant la réhabilitation de la justice Congolaise, sur lequel les efforts de la Communauté
Internationale devrait se concentrer,  les citoyens Congolais peuvent  se poser la question de savoir si la CPI est prête à
traiter réellement tous les hommes égaux devant la loi et si les pays donneurs des leçons en matière des droits humains
permettront un jour l’extradition devant la CPI de leurs hommes coupables des actes affreux durant leur mission
supposée apporter la Paix?  A quand l'arrestation de ceux qui sont peut-être au pouvoir aujourd'hui  mais qui ont à leur
actifs les pires crimes contre l'humanité commis contre leur propre peuple ?  
Les adeptes de Bundu-Dia-Kongo qui avaient cherché refuge, contraints par la violence des militaires des FARDC sur
ordre de la hiérarchie militaire, dans les forêts dans bravant des conditions de vie d’une précarité inimaginable,
inacceptables, sans nourriture et victime d’épidémies; voudraient eux aussi que les responsables des crimes commis
sur eux par le pouvoir de Kinshasa soient traduits en justice.
Les congolais sont tous d’accord que des mandats soient lancé aux congolais accusés d'avoir tué d'autres Congolais
même dans le contexte d'une guerre décidée et commanditée ailleurs bien loin de leurs villages, mais ils demandent
aussi que ceux qui ont massacré des villageois et brulés des villages entiers alors qu’ils avaient comme mission
première leurs sécurisations soient eux aussi traduits en justice le plus tôt possible.
Seulement les observateurs avisés trouvent inopportun que Human right Watch cherche à torpiller par la seule volonté d’
Anneke Van WoudenBerg (chercheur HRW pour le Congo)  qui non contente de l’avancée positive du processus de Goma
et peut être pour trouver une justification à l’incapacité  de ses protégés de Kinshasa à mettre en œuvre les engagements
pris à Nairobi, voudrait lier la continuation du processus de Goma avec le mandat de Bosco Ntaganda.  En attendant les
FDLR continuent à semer la mort à l’est du Congo et Mbudja Mabé respire  l’air de la liberté malgré le massacre des
banyamulenge à BUKAVU.  
Le cas des militaires de la toute puissante MONUC qui ont tiré sur des civils Congolais, de simples villageois, que la
MONUC est censé avoir le mandat de protéger ne mérite-t-il pas que la CPI s’y appesantissent un peu ? Nous espérons
que la CPI pourra estimer que des motifs raisonnables existent pour ouvrir un jour des enquêtes pour les abus commis
par les casques bleus de la Monuc spécialement Indiens, Pakistanais, Sud Africains, Marocains et autres à moins que
les pays pourvoyeurs de ces troupes ne négligent et rejettent les mandats et les enquêtes de ses nouveaux modes de
colonialisme car la plupart ne reconnaissant pas les compétences de la CPI en la matière. En tout cas les Ituriens
voudraient voir un jour les auteurs des bombardements du village de KAZANA traduits en justice  qu’il soit membre de  la
MONUC surtout qu'ils savaient pertinemment qu'ils tiraient sur des civiles. Je vous laisse en juger en lisant le témoignage
en Anglais du Journaliste Aidan Hartley témoin oculaire des massacres de plus de trente civils par des casques bleus de
la Monuc dans le village de KAZANA en Ituri.  

Par MANDEVU Pierre.

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